Didier Lefèvre photographe

À propos

Ce fut un vrai choc alors qu'on se réjouissait encore du prix Essentiel reçu à Angoulême pour la trilogie du Photographe, d'apprendre le décès brutal le 27 janvier 2007 de Didier Lefèvre, le personnage central du livre.
Reporter photographe, Didier Lefèvre, avait rapporté des centaines de clichés et d'anecdotes d'une expédition au coeur de l'Afghanistan en 1986 où, en pleine guerre entre l'armée soviétique et les moudjahidins, il avait rejoint une mission de Médecins Sans Frontières. Frustré de n'avoir pu utiliser tout le matériel pris sur le vif, il avait accepté la proposition d'Emmanuel Guibert de raconter son histoire. Le résultat fut inespéré : "une oeuvre unique dans l'histoire de la bande dessinée, née du hasard d'une rencontre entre un dessinateur et auteur de BD, Emmanuel Guibert, et un photographe, Didier Lefèvre" devait dire Vincent Josse sur France-Inter. Ici, en effet les photos intégrées dans le récit en appui du dessin ouvraient une nouvelle piste graphique et narrative.
Une fois l'émotion, le deuil surmontés les amis les plus proches de Didier Lefèvre décidèrent de tout faire pour garder sa mémoire vivante. Un livre fut très vite envisagé pour faire découvrir le "vrai photographe". A partir des longues heures d'entretiens avec Emmanuel Guibert, le livre ferait découvrir l'étendue du talent de Lefèvre et ses réflexions sur l'image et sur le métier de photographe de presse.
"Notre ambition, résumait Emmanuel Guibert, est plus du côté de livres comme La Ferme du Garet de Depardon que de celui de la bande dessinée. Reste qu'il s'agit du Photographe, qui poursuit son chemin en librairie, qui a déjà été lu par des centaines de milliers de personnes de par le monde".
Au final : des entretiens Lefèvre-Guibert, des photos, des dessins, dans une mise en page de Frédéric Lemercier qui avait signé celle du Photographe.



Rayons : Arts et spectacles > Arts et spectacles

  • EAN

    9782742783137

  • Disponibilité

    Épuisé

  • Nombre de pages

    188 Pages

  • Longueur

    20 cm

  • Largeur

    16 cm

Infos supplémentaires : Broché  

Emmanuel Guibert

Emmanuel Guibert est né à Paris en 1964. Après un bac de lettres, il suit pendant un an les cours de l'école Hourdé avant de se diriger vers les Arts Déco de Paris, qu'il délaissera finalement après six mois au profit du monde professionnel. Son premier album, "Brune", nécessitera sept ans de travail. Cet ouvrage paraît en 1992 chez Albin Michel. Son auteur rejoint ensuite un petit cercle de jeunes dessinateurs cherchant à renouveler l'univers de la bande dessinée : de sa rencontre avec L'Association naîtra ainsi une suite de récits aussi riches qu'étonnants dans le magazine "Lapin".

En posant ses valises à l'Atelier des Vosges, à Paris, il commence à côtoyer Boilet, Tronchet, Bravo, Blain et Sfar. C'est d'ailleurs avec ce dernier qu'il dessine les péripéties d'une facétieuse momie égarée dans les rues de Londres à la fin du siècle dernier : publiée en 1997 dans la collection "Humour libre" de Dupuis, "La Fille du professeur" sera plébiscité à Angoulême par l'Alph'Art Coup de Coeur et le Prix René Goscinny. Plus tard, dès 2001, le duo imagine la série des "Olives noires" (Dupuis) - la vie d'un enfant juif en Judée il y a 2000 ans racontée avec justesse et modernité. Sfar et Guibert s'allient encore pour donner naissance à "Sardine de l'espace" (Bayard Presse, Dargaud), le premier au dessin, le second au scénario avant qu'il ne reprenne à son tour l'illustration.

Son entrée au label "Aire Libre" de Dupuis s'opère au nouveau millénaire avec "Le Capitaine écarlate", sur un scénario de David B. Une aventure fantastique, au style singulier, qui confirme le talent de Guibert pour illustrer des histoires poignantes aux personnages forts et attachants. Et l'émotion, nous la découvrons à l'état brut dans ce qu'on désigne comme son chef-d'oeuvre : "Le Photographe". Cette trilogie entamée en 2003 allie ses dessins aux photographies de Didier Lefèvre et raconte, du point de vue de ce dernier, le déroulement d'une authentique mission humanitaire dans les vallées afghanes en 1986. Pour cette oeuvre exceptionnelle, il fut récompensé par le Prix des libraires de bande dessinée en 2004, l'Essentiel d'Angoulême en 2007 ainsi que les Prix Eisner et Micheluzzi en 2010.
Fort de ces succès, Guibert réalise ensuite plusieurs one-shots, au nombre desquels "L'Enfance d'Alan" (Grand Prix de l'ACBD 2013) et Martha & Alan (sélection officielle du Festival d'Angoulême 2017) à L'Association - succédant à sa trilogie "La Guerre d'Alan" entamée en 2000 aux mêmes éditions. On lui doit aussi la série jeunesse "Ariol" (Bayard Presse), qui totalise une quinzaine d'albums et a fait l'objet d'adaptations en dessin animé. Il publie également des livres de croquis tels "La Campagne à la mer" (2002), "Le Pavé de Paris" (2004), "Japonais" (2008) chez Futuropolis et « Italia" (Dupuis, 2015).
Il collabore avec le reporter-photographe Alain Keler pour un livre sur les communautés roms d'Europe intitulé "Des nouvelles d'Alain" (Les Arènes, 2011).
Fait Chevalier de l'Ordre national des Arts et des Lettres, il a reçu en 2017 le Prix René Goscinny pour l'ensemble de son oeuvre.
En 2020, Emmanuel Guibert est élu Grand Prix du 47e Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême.

Découvrez une sélection de pages intérieures 1 2
empty